Des petits déjeuners à l’école dans les territoires prioritaires

En 2019, l’Etat a lancé une mesure visant à encourager et soutenir l’organisation de petits déjeuners à l’école, dans les territoires prioritaires. L’objectif est de permettre aux enfants de ne pas commencer la journée le ventre vide, d’accroître leur capacité de concentration et de favoriser les apprentissages. Cette mesure participe ainsi à la réduction des inégalités, dès le plus jeune âge.

De quoi s’agit-il ?

Annoncée par le Président de la République le 13 septembre dernier, la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté prévoit parmi ses objectifs de réduire les privations au quotidien et de garantir à tous un accès à l’alimentation.
Une dotation dédiée est attribuée par l’Etat aux territoires dans lesquels un besoin social est identifié pour encourager et soutenir l’organisation de ces petits déjeuners à l’école.

Pourquoi cette mesure ?

En France, on compte 3 millions d’enfants pauvres, soit 1 enfant sur 5. Parmi eux, des centaines de milliers n’ont pas accès à leurs droits fondamentaux en matière de logement, d’alimentation et de santé. Selon le rapport de Jean-Paul Delahaye « Grande pauvreté et réussite scolaire », 13% des enfants scolarisés en réseau d’éducation prioritaire (REP et REP+) arrivent à l’école le ventre vide.

Dans le cadre de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté, l’Etat met en place un financement des petits-déjeuners pour les écoles situées dans les territoires prioritaires, pour permettre aux enfants de bien commencer la journée, d’améliorer leur capacité de concentration et donc les apprentissages, et de renforcer leur santé et leur système immunitaire.

Où en est-on ? Comment procède-t-on ?

Le pilotage de la mesure est assuré par le ministère de l’Education Nationale. Elle est destinée à tous les territoires dans lesquels un besoin social est identifié : REP et REP+, mais aussi, par exemple, dans les quartiers de la politique de la ville (lorsqu’ils ne sont pas intégrés à l’éducation prioritaire) et certaines zones rurales.

Il n’existe pas de modèle imposé dans toutes les écoles, mais un accompagnement d’actions qui sont et seront mises en place selon les cas par la commune, l’équipe éducative de l’école, une association, ou un partenariat entre ces acteurs, toujours en lien avec les parents.

En revanche, des principes de mise en œuvre ont été fixés : les petits déjeuners doivent être équilibrés et de qualité, servis dans le respect des règles de sécurité et d’hygiène alimentaire, ouverts à tous les enfants et accompagnés d’une action d’éducation à l’alimentation et d’une sensibilisation des parents au rôle du petit déjeuner.

Une première phase de déploiement a été lancée à partir du mois de mars dans 26 départements relevant des académies d’Amiens, Lille, Montpellier, Nantes, Reims, Toulouse, Versailles et La Réunion. Près de 100 communes, 400 écoles et 40 000 élèves en sont bénéficiaires.

A la rentrée de septembre, c’est plus de 100 000 enfants qui bénéficieront de la mesure, dans tous les territoires identifiés.

Le budget consacré à la mesure s’élève à 6 millions d’euros en 2019. Il atteindra 12 millions d’euros en année pleine, dès 2020.