La stratégie vaccinale et la liste des publics prioritaires

La stratégie vaccinale, arrêtée par le ministre chargé de la Santé, vise à déterminer les personnes prioritaires à la vaccination, en fonction des enjeux de santé publique et de l’arrivée progressive des doses de vaccins.

La stratégie vaccinale mise en place doit nous permettre de remplir trois objectifs de santé publique :

  1. Faire baisser la mortalité et les formes graves de la maladie
  2. Protéger les soignants et le système de soins
  3. Garantir la sécurité des vaccins et de la vaccination

Elle repose sur trois principes :
- Non obligatoire
- Gratuité
- Haute sécurité

La vaccination accessible à toutes les personnes de 5 ans et plus

Suivant les recommandations vaccinales émises par la Haute autorité de santé dans ses avis du 27 novembre 2020 et du 2 février 2021, une priorisation des publics éligibles avait été mise en place au début de la campagne de vaccination.
L’âge de la personne est le facteur de risque de développer une forme grave de Covid-19 le plus important, la Haute Autorité de santé recommandait donc de prioriser les populations cibles vaccinales en fonction de différentes classes d’âge et selon les facteurs d’exposition au virus (ex : vie en collectivité, professionnels du secteur de la santé…).
Par ailleurs, à tranche d’âge égale, les personnes souffrant de comorbidités associées à un risque de développer une forme grave de Covid-19 devaient être vaccinées en premier.

Depuis le 15 juin 2021, la vaccination est accessible à tous, dès 12 ans, et depuis le 22 décembre 2021, la vaccination est possible pour tous les enfants âgés de 5 à 11 ans, à l’exception de ceux présentant des contre-indications (voir liste plus bas).

Par ailleurs :
- La vaccination est recommandée dès le 1er trimestre de grossesse pour les femmes enceintes.
- La vaccination est recommandée pour les personnes souffrant de comorbidités associées à un risque de développer une forme grave de Covid-19.

Il est fortement recommandé aux personnes à risque de développer des formes graves du Covid-19 de recevoir des rappels après leur primo-vaccination, afin de maintenir leur immunité face au virus du Covid-19 à un niveau élevé.

Cet automne, depuis le 3 octobre, il est recommandé à ces publics de recevoir une nouvelle dose de rappel afin de renforcer leur immunité à l’approche de l’hiver, notamment grâce aux vaccins bivalents, selon les modalités en vigueur. Voir la FAQ Le rappel vaccinal.

Les particuliers concernés

Infographie : La vaccination : quel vaccin selon ma situation
Infographie : La vaccination : quel vaccin selon ma situation

Pour certaines professions, la vaccination est obligatoire


Après adoption du texte par le Parlement et à la suite de la décision rendue par le Conseil Constitutionnel le 5 août 2021, les personnes soumises à l’obligation vaccinale sont les professionnels ci-dessous :

- Les personnes exerçant au sein :

  • Des établissements de santé et hôpitaux des armées ;
  • Des centres et maison de santé ;
  • Des dispositifs d’appui à la coordination des parcours de santé complexes mentionnés aux II et III de l’article 23 de la loi n° 2019-774 du 24 juillet 2019 relative à l’organisation et à la transformation du système de santé ;
  • Des centres et équipes mobiles de soins ;
  • Des Centres de Lutte Antituberculeuse (CLAT) ;
  • Des Centres Gratuits d’Information, de Dépistage et de Diagnostic (CeGIDD) ;
  • Des Services de Médecine Préventive et de Promotion de la Santé ;
  • Des services de prévention et de santé au travail ;
  • Des établissements ou services d’enseignement qui assurent, à titre principal, une éducation adaptée et un accompagnement social ou médico-social aux mineurs ou jeunes adultes handicapés ou présentant des difficultés d’adaptation : IME, IEM, ITEP, EEAP, IDA, IDV, INJA, INJS, SESSAD, SAFEP, SSEFS, CMPP ;
  • Des centres d’action médico-sociale précoce (CAMSP) ;
  • Des établissements et services d’aide par le travail (ESAT) et centres de pré-orientation (CPO) et réadaptation professionnelle (CRP) : ne sont concernés que les professionnels de ces structures, et non les personnes en situation de handicap bénéficiaires d’un contrat de soutien et d’aide par le travail ;
  • Des établissements et services qui accueillent des personnes âgées ou leur apportent une aide à domicile (EHPAD, PUV, RA, USLD, SSIAD, SPASAD, SAAD, centres d’accueil de jour) ;
  • Des résidences-services ;
  • Des établissements et les services, y compris les foyers d’accueil médicalisé, qui accueillent des personnes handicapées : MAS, FAM, foyers d’hébergement, foyers de vie, foyers occupationnels, SAMSAH, SAVS, SSIAD, UEROS ;
  • Des établissements dits « médico-social spécifique » (LAM, LHSS, CSAPA, CAARUD, ACT) ;
  • Des établissements et services expérimentaux ;
  • Des logements foyers seulement lorsqu’ils sont dédiés à l’accueil de personnes âgées ou handicapées (ce qui inclut les foyers logements pour personnes âgées, résidences accueils pour personnes souffrant de handicap psychique, mais exclut les foyers de travailleurs migrants) ;
  • Des habitats inclusifs.

- Sont également concernés les personnes exerçant en tant que :

  • Professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du code de la santé publique (médecins, sages-femmes, odontologistes, pharmaciens, préparateurs de pharmacie, physiciens médicaux, pharmaciens, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, ergothérapeutes et psychomotriciens, orthophonistes et orthoptistes, manipulateurs d’électroradiologie médicale et techniciens de laboratoire médical, audioprothésistes, opticiens-lunetiers, prothésistes et orthésistes, diététiciens), aides-soignants, auxiliaires de puériculture et ambulanciers, etc.) ;
  • Psychologues ;
  • Ostéopathes ;
  • Chiropracteurs ;
  • Psychothérapeutes ;
  • Personnes travaillant dans les mêmes locaux que les professionnels mentionnés ci-dessus ;
  • Les étudiants ou élèves des établissements préparant à l’exercice de ces professions.

- Sont également concernés les salariés de particuliers employeurs bénéficiaires de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) et de la prestation de compensation du handicap (PCH) ;

- Sont également concernés :

  • Les sapeurs-pompiers et marins pompiers ;
  • Les personnels navigants et personnels militaires affectés de manière permanente aux missions de sécurité civile ;
  • Les membres des associations agréées de sécurité civile (pour leurs seules activités de sécurité civile, par ex. les personnels et bénévoles de la Croix Rouge Française intervenant sur activités hors sécurité civile ne sont pas concernés par l’obligation) ;
  • Les personnes en charge des transports sanitaires et transports sur prescription médicale (dont les taxis pour les trajets effectués dans le cadre du L. 322-5 du code de la santé publique) ;
  • Les prestataires de services et distributeurs de matériel mentionnés à l’article L.5232-3 du code de la santé publique.

En revanche, ne sont pas concernés par l’obligation vaccinale les professionnels des crèches, des établissements ou services de soutien à la parentalité ou d’établissements et des services de protection de l’enfance.

Conformément aux avis des autorités scientifiques, les femmes enceintes peuvent se faire vacciner dès le début de la grossesse. Toutefois, leur vaccination ne peut être requise dans le cas de l’obligation faite aux professionnels avant le début du deuxième trimestre.

Les professionnels concernés

Le rappel obligatoire pour certaines professions
Le rappel obligatoire pour certaines professions

Les personnes atteintes de comorbidité(s) sont les personnes :

  • atteintes de cancers et de maladies hématologiques malignes en cours de traitement par chimiothérapie
  • atteintes de maladies rénales chroniques sévères, dont les patients dialysés
  • transplantées d’organes solides
  • transplantées par allogreffe de cellules souches hématopoïétiques
  • atteintes de poly-pathologies chroniques et présentant au moins deux insuffisances d’organes
  • atteintes de certaines maladies rares et particulièrement à risque en cas d’infection (liste spécifique établie par le COS et les filières de santé maladies rares)
  • atteintes de trisomie 21
  • atteintes de mucovisidose

Les pathologies à haut risque de formes graves sont :

  • Angiopathie de moyamoya
  • APECED : ou polyendocrinopathie auto-immune de type 1
  • CADASIL et leucoencéphalopathies vasculaires familiales apparentées
  • Cardiopathies congénitales syndromiques cyanogènes avec insuffisance cardiaque instable
  • Cavernomes cérébraux héréditaires
  • Déficits du trafic intracellulaire chez les enfants (NBAS : neuroblastoma amplified sequence)
  • Déficits immunitaires héréditaires :
    • Patients avec déficits en AIRE, en NFBK2, et en interféron
    • Patients avec un défaut de production et/ou de réponse à l’interferon alpha (ce qui inclut les
      défauts IFNAR, UNC, TLR3)
    • SASH3 : une forme ultra exceptionnelle qui associe parfois une neutropénie à un déficit lymphocytaire
  • Dissections des artères cervicales et cérébrales héréditaires
  • Epidermolyses bulleuses héréditaires sévères avec atteinte cardiaque ou rénale (formes syndromiques) ou type EBDR (formes multi-systémiques)
  • Fibrose pulmonaire associée aux connectivites (sclérodermie systémique, polyarthrite rhumatoïde,
    autres connectivites)
  • Fibrose pulmonaire idiopathique
  • Fibrose pulmonaire secondaire aux pneumoconioses (pathologies pulmonaires professionnelles).
  • Fibroses pulmonaires congénitales syndromiques ventilation dépendantes
  • Hernie de coupole diaphragmatique (uniquement pour les patients sous oxygène ou avec traitement anti HTAP)
  • Hypertension Artérielle Pulmonaire (HTAP)
  • Hypertension Pulmonaire associée aux maladies respiratoires chroniques (HTP-MRC)
  • Hypertension Pulmonaire Thrombo-Embolique Chronique (HTP-TEC)
  • Incontinentia pigmenti
  • Maladies à risque de décompensation aiguë en cas de fièvre, uniquement pour les cas très instables : maladies d’intoxication, maladies énergétiques
  • Handicap neurologique lourd
  • Maladies auto-immunes systémiques rares :
    • Patients sous corticothérapie à forte dose de manière prolongée
    • Patients recevant ou qui vont recevoir des immunosuppresseurs et du RITUXIMAB
  • Maladies bulleuses auto immunes (Pemphigus et Pemphigoides) nécessitant corticothérapie prolongée et/ou Rituximab
  • Maladies neurodégénératives avec troubles sévères de la déglutition conduisant à des fausses routes
  • Maladies rares digestives : Patients immunodéprimés ou sous immunosuppresseurs (au sens large incluant les biothérapies)
  • Maladies rares du foie sous immunosuppresseurs, en particulier les hépatites auto-immunes (avec ou sans greffe)
  • Malformations artério-veineuses cérébrales
  • Mucoviscidose
  • Neuropathies et myopathies associées à une insuffisance respiratoire avec CVF < 70% ou une insuffisance cardiaque
  • Pancréatites auto-immunes (sous immunosuppresseurs ou non) de type 1 (maladie à IgG4)
  • Pancréatites auto-immunes (sous immunosuppresseurs ou non) de type 2
  • Pancréatites chroniques compliquées de diabète (type 3, pancréatoprive) peu importe l’âge (toutes causes rares confondues de pancréatite chronique : génétique (PRSS1, SPINK1, CTRC, CFTR, CPA1, CaSR, Cel-Cyb …….), tryglycéridémie sur FCS ou MCS, idiopathique , malformations pancréatiques …)
  • Pathologies osseuses constitutionnelles avec insuffisance respiratoire, avec syndromes restrictifs / déformation thoracique ou insuffisance rénale ou atteinte pluriorganes ou deficit immunitaires
  • Patients atteints de sclérose en plaques ou de rhumatismes inflammatoires chroniques ET sous traitement anti-CD20
  • Patients atteints de vascularites (vascularite à ANCA, néphropathie du purpura rhumatoïde etc etc ) de glomérulonéphrite à dépôts mésangiaux IgA, de glomérulonéphrite à dépôts de C3 et recevant à un traitement immunosuppresseur les exposant à un risque accru de forme sévère de Covid-19
  • Patients porteurs d’un lupus disséminés soumis à un traitement immunosuppresseur les exposant à un risque accru de forme sévère en cas de Covid-19. (Vacciner de préférence en dehors de toute poussée)
  • Patients présentant un SNI (SNLGM ou HSF) actif ou une GEM active et/ou soumis à un traitement immunosuppresseur les exposant à un risque accru de forme sévère en cas de Covid-19 (corticothérapie prolongée, anti CD20, mycophénolate mofétil,, azathioprine, cyclophosphamide, anticalcineurines (Ciclopsorine, Prograf))
  • Personnes ayant une complication immunitaire sous la forme d’anticorps dirigés contre leur principe thérapeutique habituellement utilisé (par exemple hémophilie avec anticorps anti-facteur VIII ou antifacteur IX)
  • Personnes souffrant de maladies hémorragiques constitutionnelles qui utilisent un médicament en essai clinique
  • Personnes souffrant de maladies hémorragiques constitutionnelles qui ont une comorbidité identifiée (hépatite C, HTA, diabète…)
  • Scléroses latérales amyotrophiques (SLA)
  • Syndrome de Brugada
  • Thromboses veineuses cérébrales

Les personnes sévèrement immunodéprimées sont les personnes :

  • ayant reçu une transplantation d’organe ou de cellules souches hématopoïétiques
  • sous chimiothérapie lymphopéniante
  • traitées par des médicaments immunosuppresseurs forts, comme les antimétabolites (cellcept, myfortic, mycophénolate mofétil, imurel, azathioprine) et les AntiCD20 (rituximab : Mabthera, Rixathon, Truxima)
  • dialysées chroniques après avis de leur médecin traitant qui décidera de la nécessité des examens adaptés
  • au cas par cas, les personnes sous immunosuppresseurs ne relevant pas des catégories susmentionnées ou porteuses d’un déficit immunitaire primitif

Les cas de contre-indication médicale faisant obstacle à la vaccination contre le Covid-19 et permettant la délivrance du certificat de contre-indication permettant de déroger à l’obligation vaccinale sont les suivants :

  • Les contre-indications inscrites dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP) :
    • antécédent d’allergie documentée (avis allergologue) à un des composants du vaccin en particulier polyéthylène-glycols et par risque d’allergie croisée aux polysorbates ;
    • réaction anaphylactique au moins de grade 2 (atteinte au moins de 2 organes) à une injection d’un vaccin contre le Covid-19 posée après expertise allergologique ;
    • personnes ayant déjà présenté des épisodes de syndrome de fuite capillaire (contre-indication commune au vaccin Vaxzevria et au vaccin Janssen) ;
    • personnes ayant présenté un syndrome thrombotique et thrombocytopénique (STT) suite à la
      vaccination par Vaxzevria.
  • Une recommandation médicale de ne pas initier une vaccination (première dose) :
    • Syndrome inflammatoire multi systémique pédiatrique (PIMS) post-infection par Covid-19 ;
    • Myocardites ou myo-péricardites associées à une infection par SARS-CoV2.
  • Une recommandation établie après concertation médicale pluridisciplinaire de ne pas effectuer une dose supplémentaire de vaccin (deuxième dose ou dose de rappel) suite à la survenue d’un effet indésirable d’intensité sévère ou grave attribué suite à une précédente injection de vaccin signalé au système de pharmacovigilance (par exemple : la survenue de myocardite, de syndrome de GuillainBarré …).
  • Une recommandation établie par un Centre de Référence Maladies Rares (CRMR) ou un Centre de Compétence Maladies Rares (CCMR) après concertation médicale pluridisciplinaire (avis collégial) de ne pas initier la vaccination contre le Covid-19.
  • Les cas de contre-indication médicale temporaire faisant obstacle à la vaccination contre la covid-19 :
    • Traitement par anticorps monoclonaux anti-Covid-19 ;
    • Myocardites ou péricardites d’étiologie non liée à une infection par Covid-19 survenues antérieurement à la vaccination et toujours évolutives.

Le document attestant d’une contre-indication médicale est remis par un médecin à la personne concernée qui le transmet à l’organisme d’assurance maladie.


Pour plus d’informations sur la vaccination contre le Covid-19 : consultez notre foire aux questions