Interview de Lizzy Foreman

« Jolokia prouve que les femmes peuvent assurer tous les rôles sur le bateau »

Pour sa première expérience au sein de la Team Jolokia, Lizzy Foreman, navigatrice britannique de 26 ans, multiplie les entraînements physiques et les formations offshore afin d’être prête pour les courses au large auxquelles concourt l’équipage issu de la diversité. Avant d’embarquer sur le 60-pieds, elle dévoile son envie de promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes sur terre comme en mer.

A 26 ans, Lizzy Foreman possède déjà une belle expérience de la voile. Elle navigue depuis son enfance et pratique la course au large depuis cinq ans. En 2015, elle a traversé l’Atlantique en solitaire dans la course Mini-Transat. Son rêve ? Participer au Vendée Globe en 2020. La jeune sportive a même été sélectionnée au sein de l’Artemis Offshore Academy aux côtés de 5 autres skippers britanniques pour se préparer à cette course à bord d’un IMOCA 60. Déterminée, Lizzy Foreman l’est aussi pour défendre la place des femmes dans les compétions de haut niveau de voile grâce à la Team Jolokia. Entre 2 entraînements en mer, elle nous explique l’importance de l’égalité et de la diversité comme vecteur de performance.

Après cinq années de course au large en solitaire ou en double, pourquoi avoir postulé pour intégrer la Team Jolokia ?

Je suis Anglaise et depuis 4 ans, j’habite à Lorient, là où est basée l’équipe Jolokia. Je l’ai vue naviguer régulièrement. Ce projet combattant tous les stéréotypes est unique. A mon tour, j’ai eu envie d’aider à promouvoir la diversité comme une force. Etre une femme n’est pas toujours une position simple dans le monde de la voile. Il n’y a pas beaucoup de femmes qui naviguent à haut niveau.

Quelles sont les raisons de cette discrimination envers les femmes ?

Les bateaux sont de plus en plus puissants. Des membres d’équipage peuvent être choisis pour la force plutôt que pour les compétences. Malheureusement pour les femmes, il est très difficile d’accéder à des équipages de haut niveau.

Comment lutter contre cette situation ?

Grâce à la Team Jolokia qui prouve que les femmes peuvent assurer tous les rôles sur le bateau ! Le skipper de l’équipage décide du poste de chaque membre selon les expériences précédentes, la motivation et la capacité à apprendre. Il m’a confié les missions d’équipier d’avant, c’est-à-dire « N°1 » et de chef de quart et manœuvre, selon les configurations. Ce sont des places souvent confiées à des hommes. Cette initiative participe à faire évoluer le regard des professionnels et du grand public sur les femmes navigatrices.

Qu’apporte la diversité dans un projet professionnel ?

La réunion de différentes approches, compétences et personnalités encourage l’innovation et la performance. C’est cette synergie qui permet la réussite d’un projet. L’aventure Jolokia prouve que chaque personne – homme, femme, junior, senior, handicapé ou valide – possède une force à mettre en avant. Mais, auparavant, il faut accepter les différences de chacun et partager les mêmes objectifs. C’est essentiel.

Que vous apprend l’expérience Jolokia ?

Déjà, cela me permet de perfectionner mon français. Et après cinq années de course au large en double ou en solitaire, je navigue enfin grâce à Jolokia au sein d’une équipe mixte de 12 personnes sur un bateau de 60-pieds ! Nous faisons plusieurs courses au large, dont la célèbre Fastnet. C’est très formateur, car j’ai pour objectif de participer au Vendée Globe en 2020. Je m’y prépare au sein de l’Artemis Offshore Academy aux côtés de 5 autres skippers anglais. La voile, c’est l’aventure de ma vie.


L’engagement des ministères sociaux pour une égalité réelle entre les femmes et les hommes
L’égalité réelle entre les femmes et les hommes est un enjeu majeur pour les ministères sociaux. L’objectif : une égalité de traitement en matière de rémunération, de parcours professionnel et dans la conciliation des temps de vie professionnelle et personnelle.

Pour y parvenir, les ministères sociaux mettent en place des mesures telles que l’accompagnement de la politique d’aide à la parentalité (places de crèche, conciergerie, promotion de la responsabilité parentale des pères), des mesures permettant la conciliation des temps de vie professionnelle et personnelle (gestion des temps et des réunions, développement du télétravail, droit à déconnexion, etc…) ou encore des actions contre les agissements sexistes.

Concernant la parité dans l’accès aux postes d’encadrement, leur engagement se traduit déjà : les Ministères sociaux ont obtenu le meilleur résultat interministériel sur les années 2014 à 2016 concernant la part des femmes nommées et primo-nommées dans les emplois de cadre dirigeant et dans les emplois de direction, 50 % de femmes ont été nommées en 2016 (56% de primo nominations). La loi dite Sauvadet en exige 40 % en 2017.
Cet engagement a été reconnu par l’AFNOR qui leur a attribué le label diversité en 2012. La candidature au label Egalité a été déposée auprès de l’AFNOR fin 2016.