Le service sanitaire

Les formations en santé au service de la prévention

Porté conjointement par le ministère des Solidarités et de la Santé et le ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le service sanitaire s’adresse à tous les étudiants en santé avec pour but de les familiariser avec les enjeux de prévention en santé.

La prévention est au cœur de l’action du gouvernement. Pilier central de la stratégie nationale de santé, la politique de prévention doit irriguer de nombreux autres champs d’activité et s’intégrer dans des politiques publiques diverses.

La prévention passe notamment par la promotion de comportements favorables à la santé, dont l’impact sur la qualité de vie, sur la morbidité et sur la mortalité est démontré. Cet objectif est crucial parce qu’il est porteur d’amélioration de la santé mais aussi de justice. Aujourd’hui les différences d’espérance de vie, et généralement les inégalités sociales de santé sont trop importantes, et elles sont pour une part liées à un accès inégal aux comportements favorables.

La compétence à mener des actions de prévention et de promotion de la santé est donc cruciale et doit être largement partagée par de nombreux professionnels, au premier rang desquels les professionnels de santé.

Depuis la rentrée 2018, un module de 6 semaines est inclus dans les maquettes de formation de 47 000 étudiants en médecine, pharmacie, odontologie, maïeutique, masso-kinésithérapie et soins infirmiers, incluant l’acquisition de ces compétences et des actions auprès de tous les publics.

Une mise en place rapide sur l’ensemble du territoire

  • Les textes réglementaires incluant le service sanitaire dans les maquettes de formation ont été publiés en juin 2018. Une instruction du 27 novembre 2018 accompagne les acteurs pour le déploiement sur les territoires ;
  • Une coordination nationale et une évaluation du déploiement, via un comité national du service sanitaire et un site internet national à la rentrée 2018 ;
  • Une articulation étroite avec la stratégie nationale de santé : des référentiels et des outils pédagogiques mis à disposition par Santé publique France et par les instances régionales d’éducation et de promotion de la santé ;
  • Une coordination régionale permettant une adéquation entre l’offre de service sanitaire et les lieux d’intervention : le comité stratégique régional du service sanitaire ;
  • Une large autonomie des acteurs pour définir les modalités pratiques de réalisation et les adapter aux publics ;
  • Une évaluation de l’impact du service sanitaire tant sur la santé des personnes sensibilisées que sur les compétences des étudiants ;
  • Un dispositif d’évaluation embarquée qui permettrait de recueillir nationalement les informations sur la mise en œuvre du service sanitaire.

Objectifs et principes du service sanitaire

L’instauration d’un service sanitaire pour tous les étudiants en santé s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de santé dont le premier axe est de mettre en place une politique de prévention et de promotion de la santé.

Le service sanitaire permet de diffuser, partout sur le territoire, des interventions de prévention conduites par des étudiants. Les expériences analogues menées dans d’autres pays à moindre échelle montrent l’efficacité de ces interventions sur l’acquisition par les étudiants de compétences, promesse d’une transformation de long terme de l’action des professionnels de santé.

  • Initier tous les futurs professionnels de santé aux enjeux de la prévention primaire et de la promotion de la santé ; développer leur compétence à mener des actions auprès de tous les publics
  • Assurer des actions de prévention et de promotion de la santé auprès de publics divers
  • Lutter contre les inégalités territoriales et sociales en santé en veillant à déployer les interventions auprès des publics les plus fragiles
  • Favoriser l’autonomie des étudiants dans le cadre d’une pédagogie par projet et renforcer le sens de leur engagement dans leurs études
  • Favoriser l’inter-professionnalité et l’interdisciplinarité des étudiants en santé par la réalisation de projets communs à plusieurs filières de formation

Une première en Europe

Les actions de prévention se déroulent dans des structures ayant passé un accord avec les organismes de formation des étudiants

C’est la concertation avec les acteurs qui permettra de définir les thématiques prioritaires de ces actions, d’identifier les lieux d’intervention possibles et de proposer des conventions qui lieront la structure de formation de l’étudiant et l’institution bénéficiaire de l’action de service sanitaire.

Le service sanitaire sera déployé sur tout le territoire et auprès de tout type de public, notamment les plus fragiles. Les étudiants pourront se rendre dans des écoles, des collèges en Zone d’Éducation Prioritaire, des lycées y compris en zone rurale, ou encore dans des entreprises, des EHPAD, des établissements médico-sociaux, des lieux de privation de liberté, etc.

Le service sanitaire des étudiants en santé prendra la forme d’interventions de prévention, le plus souvent sous forme collective et permettra d’intervenir sur des thèmes prioritaires de santé publique, tels que la vie affective et sexuelle, les comportements d’addiction, l’activité physique et la nutrition. Ces thématiques sont choisies pour leur impact sur la santé, articulées avec les priorités nationales de santé publique et avec les politiques régionales.

Le service sanitaire comprend plusieurs temps. Un temps de formation spécifique permettra aux étudiants d’acquérir les connaissances, les compétences et savoir-être nécessaires à l’intervention auprès du public. Ils interviennent ensuite dans le lieu donné pour délivrer les messages de prévention adaptés au public, animer des ateliers et participer à des actions. Enfin, un temps de débriefing et d’évaluation permettra d’échanger sur cette expérience avec les référents du programme.

Le service sanitaire représente l’équivalent d’une période de 6 semaines de formation, continue ou discontinue et est obligatoire pour l’obtention du diplôme.

Des témoignages

Voir aussi :