Foire aux questions pour les habitants

Radon

Présentation du radon

Le radon est un gaz radioactif naturel, présent dans le sol et les roches, inodore, incolore et inerte chimiquement.

Dans l’air extérieur, le radon se dilue rapidement et sa concentration moyenne reste généralement très faible. Dans les espaces clos comme l’habitat, particulièrement dans les caves et les rez-de-chaussée, il peut s’accumuler dans l’air intérieur pour atteindre des concentrations parfois très élevées.

Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’Organisation mondiale de la santé a classé le radon comme cancérigène certain pour le poumon en 1987. A long terme, l’inhalation de radon conduit à augmenter le risque de développer un cancer du poumon. Cette augmentation est proportionnelle à l’exposition cumulée tout au long de sa vie.

En France, le radon est la seconde cause de cancer du poumon (environ 3 000 morts par an), derrière le tabagisme. L’exposition à la fois au radon et au tabac augmente de façon majeure le risque de développer un cancer du poumon.

Le radon pénètre par les fissures du sol, les joints de construction, les fissures des murs, les parois, le passage de canalisation à travers les dalles et les planchers. Le gaz peut s’accumuler si le renouvellement de l’air est insuffisant.

L’accumulation résulte de paramètres environnementaux (concentration dans le sol, perméabilité et humidité du sol, présence de fissures ou de fractures dans la roche sous-jacente notamment), des caractéristiques du bâtiment (procédé de construction, type de soubassement, fissuration de la surface en contact avec le sol, système de ventilation etc.) et du mode d’occupation (aération quotidienne insuffisante, calfeutrage des ouvrants, etc.).

Le niveau de référence pour la population générale est défini dans le code de l’environnement et dans l’arrêté du 20 février 2019 relatif aux recommandations sanitaires [1]. Il découle de la réglementation européenne (directive 2013/59/Euratom) et d’une recommandation de l’Organisation mondiale de la santé. La concentration du radon dans l’air intérieur est exprimée en becquerel par mètre cube [2] (Bq/m3). Le niveau de référence de la concentration moyenne annuelle dans les immeubles bâtis est fixé à 300 Bq/m3. Il s’agit d’un niveau au-delà duquel il est recommandé de mettre en place des actions pour réduire les concentrations. Un niveau d’intervention renforcée est fixé à 1000 Bq/m3.

Une cartographie communale a été diffusée par l’arrêté du 27 juin 2018 [3]. Elle a été établie sur la base des travaux de l’IRSN à partir des teneurs en uranium des sols et d’autres facteurs géologiques particuliers (failles, mines et cavités, sources géothermales). La cartographie fournit une cotation du risque appelée « potentiel radon ». La France est divisée en 3 zones :

- Zones 1 à potentiel faible ;
- Zones 2 à potentiel faible mais sur lesquelles des facteurs géologiques particuliers peuvent faciliter le transfert du radon vers les bâtiments ;
- Zones 3 à potentiel significatif.

Les zones les plus concernées, de catégorie 3, correspondent aux formations géologiques naturellement les plus riches en uranium. Elles sont localisées sur les grands massifs granitiques (Massif armoricain, Massif central, Corse, Vosges, etc.) ainsi que sur certains grès et schistes noirs. Ainsi, 12,2 millions d’habitants sont en zone 3 (18% de la population), répartis dans 72 départements en métropole et outre-mer. La réalisation d’une mesure est recommandée à toute personne habitant dans une commune en zone 3. Lorsque les résultats dépassent le niveau de référence de 300 becquerels par mètre cube (Bq/m3), il est nécessaire de réduire les concentrations en radon.



Le radon en France

Les communes du territoire français sont réparties en 3 types de zones à potentiel radon sur la base de critères géologiques : zone à potentiel faible (zone 1), zone à potentiel radon faible mais sur lesquelles des facteurs géologiques particuliers peuvent favoriser le transfert du radon vers les bâtiments (zone 2) et zone à potentiel radon significatif (zone 3).

Le potentiel radon de la commune constitue un des facteurs influençant la concentration en radon dans les bâtiments. D’autres facteurs interviennent également : les caractéristiques du bâtiment et le mode d’occupation. La seule façon de connaître la concentration en radon dans votre habitation est de réaliser une mesure. Celle-ci est facile à mettre en œuvre.

Un dispositif de mesure coûte environ 25 euros sur Internet. La liste des laboratoires accrédités est disponible dans notre rubrique Mesurer le radon. Il est recommandé de poser un à deux dispositifs dans les pièces principales du rez-de-chaussée, entre le 15 septembre et le 30 avril (en période de chauffe), pour une durée d’au moins deux mois. Au bout de deux mois, le détecteur doit être retourné au laboratoire qui l’a vendu, pour analyse. Vous pouvez aussi solliciter un organisme agréé pour la mesure du radon de niveau N1A qui réalisera la pose et la dépose du détecteur, dont la liste est disponible dans notre rubrique Liste des agréments d’organismes. Seule une mesure réalisée dans ces conditions permet de connaître la concentration moyenne annuelle dans l’air intérieur. Le résultat peut être comparé au niveau de référence de 300 Bq/m3.



La réduction du risque

Différentes actions permettent de réduire la concentration de radon dans l’air intérieur, en fonction des résultats des mesurages.

Les recommandations figurent dans l’arrêté du 20 février 2019 relatif aux informations et aux recommandations sanitaires à diffuser à la population en vue de prévenir les effets d’une exposition au radon dans les immeubles bâtis.

A - Recommandations pour la population générale

1. En dessous du niveau de référence de 300 Bq/m3

L’exposition au radon ne nécessite pas la mise en œuvre de dispositions spécifiques.

Les recommandations générales de bonnes pratiques s’appliquent :

- aérer son logement par l’ouverture des fenêtres au moins 10 minutes par jour dans chaque pièce ;
- vérifier et entretenir les systèmes de ventilation installés et ne pas obturer les entrées et sorties d’air ;
- dans le cadre de travaux de rénovation énergétique, veiller au maintien d’une bonne qualité de l’air intérieur.

2. En cas de dépassement du niveau de référence de 300 Bq/m3

Pour une concentration n’excédant pas 1 000 Bq/m3, des actions simples, ne mettant pas en œuvre des travaux lourds sur le bâtiment, permettent en général d’abaisser suffisamment la concentration en radon. Elles peuvent cependant ne pas conserver toute leur efficacité au cours du temps.

Appliquer des recommandations générales de bonnes pratiques :

- aérer son logement par l’ouverture des fenêtres en grand au moins 10 minutes par jour dans chaque pièce ;
- vérifier et entretenir les systèmes de ventilation installés et ne pas obturer les entrées et sorties d’air ;
- dans le cadre de travaux de rénovation énergétique, veiller au maintien d’une bonne qualité de l’air intérieur.

ET

Aménager des locaux :

- réaliser des étanchements pour limiter l’entrée du radon dans le bâtiment (porte de cave, entrée de canalisation, fissure du sol, etc.) ;
- rectifier les dysfonctionnements éventuels de la ventilation dans le cadre de sa vérification et de son entretien ;
- améliorer ou rétablir l’aération naturelle du soubassement (ouverture des aérations du vide sanitaire ou de cave obturées).

3. Au-delà de 1 000 Bq/m3 ou lorsque le niveau d’activité volumique persiste au-dessus de 300 Bq/m3 après la mise en œuvre des recommandations de bonnes pratiques et des aménagements :

Appliquer les mesures listées en 2 , ci-dessus, puis faire réaliser un diagnostic du bâtiment par un professionnel, qui permettra de définir les travaux à réaliser.

Ces travaux visent à abaisser les concentrations en radon et consistent notamment à :

- assurer l’étanchéité du bâtiment vis-à-vis des entrées de radon (étanchement des points singuliers - des canalisations, portes et trappes - entre le soubassement et le volume habité, traitements de surfaces et couverture des sols en terre battue). Il s’agit d’un préalable essentiel à l’efficacité d’autres solutions mises en œuvre en parallèle, listées ci-dessous ;
- augmenter le renouvellement d’air à l’intérieur des pièces habitées pour diluer le radon, sans causer d’inconfort, conformément aux dispositions de l’arrêté du 24 mars 1982 relatif à l’aération des logements ;
- traiter le soubassement (vide sanitaire, cave, dallage sur terre-plein) pour réduire l’entrée du radon par une ventilation du soubassement ou la mise en place d’une légère dépression d’air par rapport au volume habité par extraction mécanique lorsque cela est possible.

B - Recommandations additionnelles pour les fumeurs et anciens fumeurs

De nombreuses études scientifiques ont montré que la combinaison de la consommation de tabac et d’une exposition élevée au radon fait courir un risque individuel de cancer du poumon nettement plus élevé que chacun des facteurs pris individuellement, et que le fait de fumer amplifie les risques liés à l’exposition au radon au niveau de la population.

- L’association tabac-radon augmente fortement le risque de cancer du poumon ;
- Il est recommandé d’arrêter de fumer. Le médecin traitant ou un autre professionnel de santé peut apporter des conseils et accompagner dans l’arrêt du tabac ;
- L’arrêt du tabac permettra de ne plus exposer l’entourage à la fumée.

Je souhaite acheter un bien sur une commune en zone 3. Comment connaître la concentration au sein du bâtiment ?

Le potentiel radon fournit un niveau de risque relatif seulement à l’échelle d’une commune. Il ne préjuge en rien des concentrations présentes dans une habitation. Seule une mesure permet de connaître la concentration dans l’air intérieur, qui dépend de nombreux facteurs tels que la teneur en radon des sols, la présence de fissures, les caractéristiques du bâtiment et le mode de vie des occupants.

Vous n’avez pas d’obligation d’effectuer des mesures du radon ni de communiquer les résultats à l’acquéreur avant de vendre votre maison. Toutefois, au titre de l’information des acquéreurs ou des locataires de biens immobiliers, vous devez l’informer via le formulaire d’état des risques et pollution disponible sur le site internet "Géorisques" si votre maison se situe dans une commune à potentiel radon classée en niveau 3.

La réglementation prévoit que l’information avant-vente doit mentionner si le bien se situe en zone à potentiel radon 3 ou non. Si celle-ci a bien été effectuée, il n’y a pas de recours possible. Le même principe s’applique pour la location.

Le potentiel radon ne fournit qu’un niveau de risque indicatif pour une commune. Il ne préjuge en rien des concentrations présentes dans une habitation, pour laquelle la réalisation d’une mesure du radon est recommandée.

À long terme, l’inhalation de radon conduit à augmenter le risque de développer un cancer du poumon. Cette augmentation est proportionnelle à l’exposition cumulée tout au long de la vie.

Si vous envisagez de construire en zone 3, il n’y a pas d’obligations constructives. Néanmoins, il est recommandé de mener des actions préventives :

- telles que la ventilation adéquate pour diluer le radon,
- pour l’empêcher de pénétrer à l’intérieur par la construction sur vide sanitaire ou par la pose d’un puisard ou d’un réseau de drains sous dalle permettant la mise en dépression ultérieure du sol.

Les méthodes pour réduire la concentration en radon sont peu coûteuses et plus faciles à mettre en œuvre avant la construction qu’après. Parlez-en à votre architecte.

Pour la rénovation, parlez-en également à un professionnel du bâtiment.



Pour en savoir plus

Consultez :

- Le dossier pédagogique "Le radon et la population" sur le site de l’ASN

- Le dossier "Comment connaître et réduire son exposition au radon ? sur le site de l’IRSN.


[1Arrêté du 20 février 2019 relatif aux informations et aux recommandations sanitaires à diffuser à la population en vue de prévenir les effets d’une exposition au radon dans les immeubles bâtis.

[2Un becquerel correspond à une désintégration par seconde.